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Auteur : admin8922

Feuilletez le livre

Feuilletez le livre

Voici le début de ma nouvelle :

Qu’en dira-t-on

— Vous avez demandé le 17, ne quittez pas…
Une voix apparemment âgée, mais plutôt énergique, répondit dans la foulée.
— Je suis bien au commissariat de Boskerque ?
— Oui, madame, mais ne quittez pas, je suis à vous dans une petite seconde.
Un infime bruit de froissement de papier se fit entendre, ainsi qu’un court échange verbal en arrière-fond, avant que la policière ne reprenne la conversation d’un ton chaleureux :
— Excusez-moi, madame, je suis à vous. Que puis-je faire pour vous ?
— Enfin, ce n’est pas trop tôt ! Je suis madame Caron, qui vit au 4 de la rue Rompe-Cul.
— Oui ?
— J’aimerais parler au commissaire.
La demande avait tout d’un ordre tant elle était impérieuse.
— Je suis désolée, mais le monsieur le commissaire n’est pas encore arrivé. Il ne sera là que vers neuf heures ou neuf heures trente. Mais dites-moi ce qu’il se passe, je pourrai peut-être vous aider.
— Non, non, ce n’est pas la peine. Je veux parler à un gradé.
— Je peux vous passer le brigadier Legrain, si vous voulez, il est…
— Non, coupa-t-elle sèchement. Je veux parler au commissaire, et pas à un de ses sous-fifres. Je veux quelqu’un de compétent. Tant pis, je rappellerai ou je passerai tout à l’heure.
Sans même un « au revoir » ou un simple « merci », l’inconnue avait raccroché.
La jeune policière se mit à sourire en repensant aux mots entendus : « commissaire » et « compétent ». Jamais elle n’aurait songé à associer ces deux termes dans une même phrase. Apparemment la dénommée Caron ne devait pas très bien connaître le commissaire Vasseur.
« Plutôt sympathique ; à l’écoute de ses subalternes ; avec un humour souvent caustique ; laid ; sec comme un courlis ; brouillon ; bordélique ; fâché avec les horloges ; d’une intelligence moyenne ; peu intuitif. » Voilà en général ce que disaient les policiers de leur commissaire Quentin Vasseur. Mais « compétent », ça, jamais cela ne leur venait à l’esprit. Il serait exagéré d’affirmer qu’ils ne l’appréciaient pas, mais ils étaient pleinement conscients de ses défauts et surtout de ses limites.
Sa hiérarchie était parvenue depuis longtemps au même constat et c’est la principale raison pour laquelle elle l’avait laissé végéter depuis dix ans dans ce petit commissariat de la commune de Boskerque.

Cette modeste ville des Hauts-de-France ne comptait plus que 15 000 âmes alors qu’elle en avait près du double trente ans plus tôt. Les fermetures de l’usine Peugeot et des Textiles Fournier, les deux principaux employeurs de la ville, avaient provoqué une véritable hémorragie démographique. Les rieurs se plaisaient à dire que les déménagements étaient devenus un sport plus courant que la bourle ou le football, dans le coin. À ce train, Boskerque était devenue ce que les Américains nommaient une shrinking city .
Le taux de chômage atteignait des altitudes qui ne pouvaient que donner le vertige à des habitants habitués aux plaines du Pas-de-Calais. Ce chômage persistant et le manque de perspective pour sa jeunesse servaient de terreau à une petite délinquance que la police peinait à endiguer. Aux dernières élections municipales, Stanislas Krawczyk, le candidat du Rassemblement national, avait fort opportunément fait campagne sur le thème de l’insécurité, exagérant les chiffres des migrants passant quotidiennement par la commune pour rejoindre Calais. Les Boskerquois avaient cru aux sirènes du RN, à ses promesses d’éradiquer le chômage et la délinquance, et avaient élu Krawczyk à une forte majorité.
Quentin Vasseur n’avait pas voté pour ce type, non seulement parce qu’il ne partageait pas ses idées, mais aussi parce qu’en tant que commissaire, il avait été très souvent cité et critiqué dans les discours de l’extrême droite sur son incapacité à arrêter les dealers et autres voleurs de la commune.
Pour lui, ce manque de résultats ne pouvait lui être imputé. Trop d’affaires sur lesquelles enquêter et trop peu d’effectifs à sa disposition. Son bureau croulait littéralement sous les piles de dossiers disposées en arc de cercle autour de lui.
Assis sur son fauteuil, le dos plié à feuilleter une liasse de documents, Vasseur s’arrachait les cheveux en tentant d’élucider une affaire de viol.
Bien entendu, « s’arracher les cheveux » ne pouvait être qu’une simple formule puisqu’il avait le cheveu aussi rare que grisonnant. L’homme avait cinquante-deux ans, il était de taille moyenne et maigre comme un clou. Son visage semblait mal proportionné, comme si un sculpteur amateur l’avait pétri au petit bonheur la chance dans une masse de terre glaise, l’agrémentant d’un disgracieux menton en galoche, d’un nez cassé de boxeur et d’un front dégarni assez bombé.
La bouche en pleine action de mastication de chewing-gum, Vasseur relisait la déposition de la jeune femme violée. Il ne s’en doutait pas encore, mais le commissaire allait bientôt laisser tomber cette enquête. Il allait avoir une nouvelle affaire à étudier, une affaire dont il se souviendrait toute sa vie.

Tout avait commencé par trois coups brefs contre sa porte, trois coups semblables à ceux qui retentissent au théâtre, avant l’ouverture du rideau.

Pour connaître la suite, il ne vous reste qu’à vous rendre dans la librairie la plus proche ou de commander le livre sur le site « Au mot près éditions ».

Présentation

Présentation

Michaël Herpin et « Au mot près Éditions » ont demandé à dix auteurs d’écrire des nouvelles noires ou policières, avec pour seule contrainte de commencer par ces quelques mots : « Vous avez demandé le 17, ne quittez pas… »

J’ai eu l’idée d’inventer une histoire se déroulant dans une ville du nord (imaginaire), en m’inspirant d’un fait divers survenu dans une commune du Calvados au début des années 2000 où sévissait un mystérieux corbeau. C’est ainsi qu’est née la nouvelle « Qu’en dira-t-on. »

Les épidémies de 1720 et de 2020

Les épidémies de 1720 et de 2020

Dans mon dernier roman « Confesse – le destin d’un prêtre libertin« , mon héros Armand de Penthou se trouve en 1720, au cœur de la ville de Marseille alors que l’épidémie de peste y fait des ravages. Loin de moi l’idée de vouloir mettre sur un même plan les effets de la peste  de 1720 et ceux de la pandémie de Covid-19 en 2020 (les mortalités de ces deux maladies ne sont pas du tout comparables) mais j’ai retrouvé des comportements similaires chez les contemporains de ces deux  maux… et c’est parfois un peu troublant de voir que, malgré trois siècles d’écart, les attitudes changent peu… Je pense que vous ferez le parallèle facilement…

– En 1720, alors que la peste fait ses premières victimes, les édiles de la ville tardent à mettre Marseille et son port en quarantaine, de peur de mettre en danger l’économie locale (mais il faut dire que la plupart des édiles sont aussi des négociants qui vivent du commerce avec le reste des ports méditerranéens), ce qui ne fera qu’aggraver la situation.

– Les riches bourgeois de Marseille fuient la ville dans leurs bastides de l’arrière-pays au risque d’y propager le mal.

– La peur d’attraper la peste pousse certains Marseillais à fuir tous ceux qui avaient pu approcher de près ou de loin des malades : on évite les portefaix ou les corbeaux (la plupart du temps des galériens) qui ont porté des pestiférés, on évite des religieuses qui ont accueilli et nourri des malades, on évite certains prêtres qui ont donné les derniers sacrements à un mourant (même si on avait inventé des pincettes de plus d’un mètre pour donner l’hostie à « distance » ou des baguettes tout aussi longues pour appliquer les saintes huiles sur les fronts).

– La peur pour les agonisants de mourir seuls, loin de leurs proches, et de ne pas avoir droit à un enterrement décent sans cortège funèbre, ni même d’avoir un prêtre pour les bénir (et en plus d’être inhumé dans une fosse commune à l’époque).

– Même si internet n’existait pas encore, les rumeurs pouvaient se propager tout aussi vite, notamment sur des remèdes censés être miraculeux comme le « vinaigre des quatre voleurs. » Faute de médicaments, on utilisait divers moyens pour repousser le mal : « brûler chaque jour une once de soufre dans les maisons, toutes fenêtres closes, en étendant dans la pièce principale les habits portés depuis le début de l’épidémie dans l’espoir de purifier l’air empesté » ou « se frictionner les mains et le visage de vinaigre pour repousser la malignité de l’air ».

– Le pouvoir royal ordonne le blocus du terroir de Marseille pour que la contagion ne gagne pas plus de terrain : « Sa Majesté fait très expresses inhibitions et défenses aux habitants de la ville de sortir hors desdites limites ou barrières et d’en transporter aucune marchandise ni denrée à peine de vie. » L’armée est chargée d’empêcher quiconque de quitter la zone infectée. Mais ce confinement forcée ne plaît pas à tout le monde. Quelques uns tentent de forcer le blocus ou même soudoient les gardes pour qu’ils les laissent passer.

Mais les parallèles s’arrêtent là car  nous ne pouvons comparer par exemple les médecines des deux époques : en 1720, les médecins (aussi inefficaces que ceux décriés au XVIIe siècle par Molière) ne peuvent rien faire alors qu’en 2020, tous les soignants se dévouent pour leurs patients avec des moyens modernes (mais si parfois en nombre insuffisants). En 1720, certains

médecins font pourtant preuve de dévouement même s’ils sont impuissants (au bout des 45 premiers jours d’épidémie, sur 12 médecins agrégés, quatre ont fui la ville et cinq ont succombé : ils n’en restent plus que trois à œuvrer pour leurs patients).

De plus, devant l’hécatombe, l’anarchie règne : il a été signalé que certains gardes se faisaient parfois payer par des Marseillais pour qu’ils laissent les corbeaux entrer dans les maisons pour enlever les cadavres de leurs proches ou même que certains forçats achevaient des mourants pour pouvoir les voler en toute impunité.

Et surtout, la mortalité n’est pas comparable : les premiers cas de peste sont signalés le 9 juillet 1720… le 23 juillet, on parle de 14 morts en une journée ; vers le 2 août, on est à près de 50 morts par jour ; vers le 2 août, on est à près de 100 morts par jour ; vers le 15 août, 300 morts par jour ; vers le 20 août, 500 par jour ; de fin août à mi-septembre, on est à 1000 par jour ; puis le nombre de décès fléchit mais du 30 septembre au 10 octobre, on est encore à 200 par jour…

 

Salon de Cheux : le retour

Salon de Cheux : le retour

Cette année, je reviens au salon du livre de Cheux. C’est toujours un plaisir puisque  les lecteurs y viennent toujours aussi nombreux et c’est aussi là que mon roman Confesse a été primé en 2018… Petit souvenir ci-dessous d’une grande joie :  recevoir le prix Reine Mathilde…

Journal Le Bonhomme libre du 22 novembre 2018

Conférence à la médiathèque de Saint-Aubin

Conférence à la médiathèque de Saint-Aubin

Il semblerait que j’ai pris goût de parler devant un auditoire… Après ma semaine de cours, je ne trouve rien de mieux à faire que de rencontrer des lecteurs, des bibliophiles ou des curieux pour parler de mes livres et répondre à leurs questions. Si vous ne savez pas quoi faire ce dimanche 29 septembre, venez m’écouter à la médiathèque de Saint-Aubin dur Mer à 18h00.

Conférence à Montormel le 24 août 2019

Conférence à Montormel le 24 août 2019

 Voici une photographie de P. Billaux prise en 1965 lors de l’inauguration du mémorial de la fermeture de la poche de Chambois. Le 24 août prochain, je retournerai sur les lieux pour faire une conférence au musée de Montormel à 11h00 pour expliquer le déroulement de la dernière grande bataille en Normandie (en août 1944) et surtout comment elle fut vécue par des milliers de civils piégés dans la zone à cause des aléas de la guerre et des différents mouvements de troupes.

Durant cette journée (où beaucoup de monde est attendu), plusieurs moments sont prévus : –  9h30 à 12h : randonnée de la Paix sur l’ancien champ de bataille. – 11h à 12h : ma conférence dans la salle de projection du musée.  – 12h à 14h : pique-nique géant. – 13h à 15h : dédicace de mon livre « Pris au piège dans la poche de Chambois – Témoignage de civils » et dédicace de J. Wiacek pour son ouvrage « Histoire de la 1ère division blindée polonaise« . – 16h30 : cérémonie commémorative officielle pour rendre hommage au général polonais Maczek.

[Petit souvenir de ma précédente conférence à Montormel en août 2014 : http://gregory-laignel-auteur.fr/conference-au-memorial-de-coudehard-montormel-en-aout-2014/]

Souvenirs du 22 juin

Souvenirs du 22 juin

A la demande du Conseil départemental de l’Orne, je suis allé le 22 juin dernier à Alençon pour expliquer et raconter, à partir de mes recherches, la vie des civils durant l’été 1944, en plein cœur de la bataille de la Poche de Chambois. Plus de 150 personnes étaient présentes pour m’écouter et me poser des questions sur mon livre ou sur les témoignages recueillis. Un très bon moment illustré ici par quelques photographies.

[propriété des photos : CD61-ETE 44-220619©B.Lemarie-StudiosNumériques-CD61].

Conférence du 22 juin à Alençon

Conférence du 22 juin à Alençon

Pour les commémorations du 75e anniversaire, le Conseil départemental de l’Orne m’a demandé de faire une conférence sur la place des civils lors des combats de la Libération. Je serai donc présent à 15h00 le 22 juin à l’Hôtel du département (salle Ecouves) à Alençon pour parler de mon livre sur la poche de Chambois, de mes recherches en général, et sur les lieux de mémoire de cette bataille.

Epoque : le salon du livre de Caen

Epoque : le salon du livre de Caen

 Quoi de mieux que de venir au salon de Caen pour découvrir les mésaventures de mon prêtre caennais. Il a tant de fois arpenté les rues et tripots de cette ville, pour jouer aux jeux de hasards ou pour courir les femmes, que vous deviendrez un expert du bourg de Caen (et ses faubourgs) au XVIIIe siècle.

Je serai présent sur le stand de la Librairie Guillaume (qui m’a aimablement invité  pour l’occasion) le samedi après-midi et le dimanche toute la journée.